GEJ9 Explications du Seigneur sur ce qui se passe dans l'au-delà
Chapitre 170
Cependant, le médecin de Mélite s'adressait maintenant à Moi, disant : << Seigneur et Maître, nous avons tous vu et entendu la même chose. Cette apparition permise par Toi était donc à l'évidence parfaitement vraie, et non une vision de rêve éveillé comme il m'est souvent arrivé d'en observer chez mes malades, particulièrement en un lieu où cinq malades fiévreux qui étaient dans la même chambre ont vu de tels êtres ; mais les êtres qu'ils ont vus étaient loin de s'accorder entre eux, puisque chaque malade en avait vu de différents et les avait entendus parler une autre langue, aussi m'a-t-il semblé que les êtres que mes malades avaient vus ressemblaient à ceux que l'on voit en rêve, et qui ne sont assurément qu'un jeu futile de leur propre imagination échauffée par le sang coulant plus vite dans leurs veines.
Mais, lors de cette apparition en plein jour survenue par Ta permission, aucun d'entre nous n'avait de fièvre, donc ni pouls rapide, ni imagination échauffée, et nous avons tous vu la même chose ; ainsi, comme je l'ai dit, elle était donc tout à fait réelle.
Reste une question : cette contrée particulièrement lugubre et sordide, que nous avons tous vue de manière semblable avec tout ce qui s'y passait, se situe-telle quelque part, sur cette terre même, ou bien n'était-elle que l'image rendue visible à nos yeux d'un état auquel elle correspondait - peut-être comme une image de rêve née de l'imagination débridée des esprits que nous avons vus ? Et les autres esprits que nous avons aperçus dans cette contrée étaient-ils eux aussi les âmes d'hommes ayant jadis vécu sur cette terre, ou bien n'appartiennent-ils qu'au seul domaine de l'imagination mauvaise des esprits que nous avons vus devant nous ? Car, tandis que nous contemplions cette triste contrée de l'au-delà, il se passait cette chose singulière que nous pouvions en même temps percevoir sans inconvénient à travers elle le paysage de cette terre, tout en voyant très clairement chaque point de ce triste au-delà. Enfin, il s'ensuit une question évidente : les esprits que nous avons vus voient-ils eux aussi notre terre, ou bien seulement leur contrée imaginaire ? »
Je
5. D'ailleurs, les malheureux esprits que vous avez vus sont bien déjà dans l'audelà pour la plupart, mais une partie d'entre eux vivent encore physiquement sur cette terre ; et c'est parce que, du temps de leur vie terrestre, les esprits réels que vous avez vus régnaient, avec leurs semblables égoïstes, orgueilleux et tyranniques, sur des milliers et des milliers d'humains soumis à eux, que les images, ou, si l'on veut, les silhouettes de ces êtres humains, ont en quelque sorte persisté sensoriellement dans leurs âmes.
Mais, comme il n'y a tout au plus, chez les mauvais esprits que vous avez vus, et chez d'innombrables autres qui leur ressemblent tout à fait, qu'une infime lueur de vérité, et qu'ils ne peuvent donc rien voir ni percevoir de ce qui existe réellement hors d'eux-mêmes - pas plus qu'un homme profondément endormi ne perçoit la réalité qui l'entoure -, ils ne peuvent voir, à la faible et trompeuse lumière qui est en eux, que ce que leur imagination inspirée par leur mauvais égoïsme leur procure avec l'aide des souvenirs qui persistent dans leur conscience.
Tout esprit parfait peut voir ce qu'ils créent ainsi, et s'il lui arrive parfois, par sa volonté unie à la Mienne et sa vision éclairée par Ma lumière, d'approcher en quelque sorte l'une de ces unions mauvaises ou de s'adresser à elle, l'aspect trompeur et illusoire du paysage lui apparaît clairement sur-le-champ, et il reconnaît par là la nature et les dispositions des esprits réels qui constituent ces unions. Ces esprits ne peuvent donc en aucun cas dissimuler à la vue des esprits parfaits leur méchanceté profonde.
En ce monde, un loup peut certes se cacher sous la peau d'un agneau, mais, dans l'autre monde, tout ce qu'il pense, veut et fait, même tout au fond de sa demeure, sera crié sur tous les toits.
Et, parce qu'il peut faire cela, un esprit parfait saura aussi déjouer au mieux toutes les mauvaises pensées et les tentatives malignes par les moyens appropriés que lui fournissent sa sagesse et sa force.
Une telle union doit souvent tomber aussi bas que peut l'entraîner la force mauvaise de son propre égoïsme, et en venir littéralement à se détruire elle-même, avant que ne se manifeste pour elle une faible chance de recommencer à s'élever peu à peu vers la lumière de la vérité.
Et il en ira de même des esprits que vous avez vus ; mais si, parmi eux, certains se mettent à comprendre, grâce à toutes sortes d'apparitions que Je leur envoie à cet effet, l'inanité de leurs efforts, ceux-là s'élèveront plus facilement vers la lumière de vérité. >>
Le médecin
Je
Pour ces esprits, ce que crée leur imagination mauvaise est une réalité matérielle solide ; et celle-ci conserve la même apparence aussi longtemps que la fureur toujours croissante de leur passion n'a pas encore brisé et détruit la mémoire de ces esprits et les fantasmes qui en étaient sortis. Mais, lorsque cela arrive, alors, c'en est fait de leur monde avec toutes ses forteresses et ses trésors.
On peut comparer cela à un homme qui aurait enterré un trésor particulièrement cher à son cœur en quelque lieu sûr dont il se souvient bien.
Mais, le souci que ce trésor puisse être découvert par un autre le tourmentant chaque jour davantage, il tombe peu à peu dans une confusion des sens qui affaiblit sa mémoire, et il oublie peu à peu ses souvenirs, donc son fantasme ; il finit même par tomber dans une espèce de fièvre cérébrale qui le prive si bien de toute mémoire et de tout souvenir qu'il ne peut même plus se rappeler son cher trésor si bien caché. Qu'est donc devenu pour lui ce trésor ? C'est comme s'il avait cessé d'exister ! Et il en va de même du monde de ces esprits.
Ainsi, comme un homme perd finalement tout en perdant la mémoire et ses souvenirs - même si les choses en question continuent d'exister en soi -, un esprit peut perdre de même tout ce que son imagination avait créé à partir des souvenirs restés captifs dans sa conscience, et dès lors, cet esprit, abandonné de tous, devient particulièrement misérable.
C'est alors seulement que quelque sage esprit peut l'approcher, touj ours de la manière la plus appropriée, lui montrer avec évidence sa vanité et le mal qu'il cause délibérément, et l'amener ainsi sans qu'il s'en doute à retrouver progressivement le chemin de la lumière.
Mais pour qu'un tel esprit soit pleinement éclairé, il faudra bien plus de temps que tu ne l'imagines à présent, ami ; car, dès que sa conscience est suffisamment libérée pour qu'il retrouve quelques souvenirs, son ancienne imagination revient à la surface elle aussi, et bientôt, il recommence à se créer ainsi un monde semblable à ce qu'il aimait et à s'y complaire. Il faut donc qu'il perde à nouveau le paradis qu'il s'est créé et qu'il prenne conscience de son inanité pour pouvoir être cette fois un peu plus éclairé.
Or, cela arrive un très grand nombre de fois à maints esprits semblables à ceux que tu as vus ; car le goût absurde qui, malgré sa perversité, conditionne toute la vie consciente d'un tel esprit, ne se change pas si facilement que tu le crois en quelque chose de bon et de juste, si, comme cela est nécessaire, on respecte les voies du libre arbitre.»
dis : << De la même façon que toute matière finit par se détruire avec le temps et disparaît selon sa forme extérieure visible pour retourner à son véritable élément premier.Me demanda alors : << Ô Seigneur et Maître, comment ces esprits mauvais peuvent-ils donc se détruire littéralement eux-mêmes ? >>dis : << Les esprits que vous avez vus ici, et bien des milliers de leurs pareils, sont tout à fait réels. Ils habitent les forteresses que vous avez pu voir dans cette lugubre contrée. Le paysage, les forteresses, les huttes sordides, les tentes, les esprits subalternes d'apparence misérable, les camps avec leurs guerriers, tout cela n'est que le produit de leur imagination mauvaise, surtout le paysage et sa disposition. Car, pour ce qui est des malheureux esprits que vous avez vus, ils ont, si vous pouvez vous figurer mille comme un tout, un millième de réalité. Pour l'essentiel, ils sont donc du domaine de la mauvaise imagination trompeuse des esprits que vous avez vus, mais, pour un millième, ils sont pourtant en quelque sorte une réalité spirituelle, un peu comme, sur terre, votre ombre appartient elle aussi à votre réalité essentielle. L'ombre n'a certes aucune existence en elle-même, et pourtant, elle ne serait pas là si vous n'existiez pas.