GEJ6 Les causes principales des maladies "Jacob Lorber"
Chapitre 3
Les causes principales des maladies
Le Grand Évangile de Jean, VI/56
(Le Seigneur :) « De tous les vices, le pire est la fornication, la concupiscence et la luxure en tout genre. Et ce qui conduit les hommes à ce vice, c'est l'oisiveté et l'orgueil. Car l'orgueil ne connaît plus rien de sacré; il ne cherche qu'à satisfaire ses passions sensuelles par tous les moyens à sa disposition. Lorsqu'un tel homme conçoit des enfants, quelle n'est pas la misère des êtres qui viennent ainsi au monde, et de combien de maladies ne seront-ils pas affligés! Aussi ce péché est-il la principale source de toutes les pires maladies de ce monde. 52
Ensuite, il y a la gloutonnerie et la colère sous toutes ses formes, vices qui suscitent également chez les hommes toutes sortes de maladies qui les tourmentent cruellement.
À Jérusalem, n'ai-Je pas dit à ce malade que J'ai guéri alors qu'il attendait depuis trente-huit ans auprès de la piscine de Béthesda: "Va, et ne pèche plus, afin qu'il ne t'arrive rien de pire !" ? Car sa paralysie était la conséquence des nombreux péchés qu'il avait commis. Et il en était ainsi de presque tous ceux que J'ai guéris. Si leurs nombreux péchés ne les avaient pas rendus malades, ils le seraient devenus malgré tout à cause de leur âme. Seule une grave et cruelle maladie pouvait les ramener à la tempérance et leur montrer comment le monde récompense ses tenants. La maladie leur a fait perdre leur amour du monde, et ils n'aspiraient qu'à en être délivrés au plus vite. Cela a rendu leur âme plus libre, et c'est aussi pourquoi la guérison leur est venue au moment opportun. Outre ces causes essentielles, qui sont à l'origine de la plupart des maladies qui affligent des hommes affaiblis dès la naissance, il en existe certes d'autres qui peuvent faire grandement souffrir les faibles hommes. Mais, Je vous le redis expressément, cela ne peut arriver qu'à ceux qui étaient affaiblis dès la naissance!
Quant à ces causes, les voici brièvement exposées: Il y a tout d'abord la consommation d'une nourriture mauvaise, impure, mal préparée ou trop vieille, ainsi que les mauvaises boissons; ensuite, la consommation de toutes sortes de fruits immatures. Il y a ensuite la mauvaise habitude de se rafraîchir trop vite lorsqu'on a eu chaud D'autres encore, inconscients de leur faiblesse innée, s'exposent à toutes sortes de dangers qui les mènent soit tout simplement à la mort, soit à un préjudice irréparable. Et Dieu ne peut assurément pas empêcher cela, d'autant moins qu'Il a donné aux hommes l'entendement, le libre arbitre et les meilleures règles de vie !
...Contre la paresse des hommes, il n'y a pas d'autre remède que de permettre que toutes sortes de maux s'ensuivent nécessairement du non-respect de la volonté divine. Ces maux réveillent l'âme profondément endormie dans la chair de l'homme et lui montrent les déplorables conséquences de sa paresse, et elle en devient plus prudente, plus avisée, plus zélée et plus prompte à suivre la volonté divine qu'elle a reconnue. Ainsi les diverses maladies qui affligent à présent les hommes ont-elles incontestablement leur bon côté. Il est vrai qu'elles sont aussi une sorte de jugement qui contraint l'âme pour son bien; mais cela ne lui retire pas entièrement son libre arbitre, et elle peut fort bien s'amender véritablement, pendant ou après une maladie, même si elle doit attendre l'au-delà pour atteindre une plus grande perfection.
Certes, il y a aussi des malades qui sont venus au monde ainsi, à cause des péchés de leurs parents, voire de leurs aïeux. Les âmes de ces malades viennent le plus souvent d'en haut, et ne sont que temporairement éprouvées dans la chair sur cette terre; mais elles seront pourvues au mieux dans l'au-delà, au royaume des esprits, et tous ceux qui, sur cette terre, les soigneront et les traiteront avec amour et douceur, seront plus tard accueillis dans leur séjour céleste avec le même amour et la même douceur....»
Terre et Lune, Chapitre 59, 1-13
"Vous savez que certains individus, tant du sexe masculin que du sexe féminin sont envahis de désirs charnels, alors qu'au contraire il y en a d'autres chez qui le désir charnel est presque parfaitement inexistant; ceux-ci ne se troublent absolument pas même s'ils sont placés devant la chair la plus attirante et la plus flatteuse. Un pied de femme, un bras, un sein 53
voluptueux, qui constituent les attraits habituels du sexe féminin pour éveiller chez les mâles l'impulsion charnelle, font souvent sur quelqu'un non enclin à la concupiscence charnelle, tout aussi peu d'effet qu'en pourrait faire la vue d'une branche d'arbre sèche; tandis qu'au contraire d'autres à qui tombent sous les yeux ces emblèmes de l'attirance féminine deviennent frénétiques. Certes, il y a des fous qui peuvent tellement s'éprendre d'un bras féminin qu'ils en perdent la raison, dès lors qu'ils ne réussissent pas à obtenir pour épouse la femme respective, ou tout au moins à en avoir la disposition pour une jouissance charnelle temporaire.
Or la cause d'une telle inclination charnelle, particulièrement quand elle se manifeste avec beaucoup de violence, est habituellement à rechercher dans la possession de la part d'un ou même de plusieurs diables luxurieux de la chair.
Mais comment pénètrent-ils dans la chair d'un tel individu ? Ce sont les hommes eux-mêmes qui leur en offrent des occasions innombrables et sans mesure; ces diables charnels habitent avant tout dans les boissons spiritueuses, dans le vin et même dans la bière, mais particulièrement dans les boissons distillées. Quand les hommes s'égayent fortement en usant de telles boissons, ils accueillent avec celles-ci dans leur chair certainement de ces semblables diables; mais quand ceux-ci se trouvent dans la chair, ils provoquent des démangeaisons dans les organes génitaux et les excitent d'une manière si terrible, que l'homme ne peut faire à moins que de calmer ces démangeaisons moyennant la jouissance sensuelle de la chair avec les femmes ou bien parfois même avec les animaux. Ces diables charnels ne sont naturellement rien autre que des âmes impures d'hommes défunts qui autrefois étaient adonnés d'une manière prononcée à la boisson ou à la sensualité charnelle.
Certes, ils entrent dans la chair d'un homme encore vivant avec des intentions d'améliorations; cependant, la chair ayant été justement leur élément, ils donnent libre cours à leur fantaisie dans un tel individu qu'ils ont possédé, souvent de manière pire encore qu'ils ne l'ont fait dans leur propre chair.
Et ce sont justement ces âmes charnelles de défunts qui, lorsqu'elles font la loi trop follement dans la chair et vont ainsi en s'enflammant toujours plus dans leurs sordides envies, ce sont elles qui surtout occasionnent ainsi les horribles et très dangereuses maladies que l'on appelle syphilitiques; ce qui est concédé par les esprits angéliques tutélaires, afin que l'âme de l'individu en cause ne soit pas gâtée totalement dans le déchaînement furibond de sa propre chair.
Donc de telles boissons spiritueuses constituent la première voie par laquelle ces diables de la chair pénètrent dans le corps des hommes.
La seconde voie, tout aussi dangereuse, se trouve dans les divertissements publics de danse, où vous pouvez sans aucun doute admettre que, dans un bal ou autre spectacle quelconque semblable, se trouvent toujours présents au moins dix fois autant d'âmes impures et sensuelles invisibles qu'il y a d'hôtes visibles rassemblés à la manifestation de danse. Par cette voie elles pénètrent avec la plus grande facilité dans la chair qui en ces occasions est très excitée, et pour cette raison éminemment apte à accueillir une telle sordide canaille d'âmes; pour cette raison aussi ceux qui fréquentent les bals ont après la manifestation une vraie répugnance pour tout ce qui est élevé et noble: ce qui peut être observé facilement dans les villes, particulièrement parmi les étudiants, car souvent des étudiants d'habitude très studieux, après un bal, au lieu de penser à leurs livres, sont toujours en train de caresser la vision du cou blanc comme neige, du sein, du bras et des yeux de leur partenaire de danse, et leur esprit ne peut presque plus s'occuper d'autre chose que de l'objet qui leur a procuré tant de plaisir 54
durant le bal.
C'est pourquoi plus d'un étudiant plante tout bonnement ses études; certains, au lieu d'étudier les sciences, étudie la manière de gagner sans retard son pain pour pouvoir le plus vite possible former la paire avec sa danseuse préférée, et cela quoiqu'il arrive; et si même un semblable couple réussit vraiment à former un couple matrimonial, le résultat est qu'une union de cet acabit finit par ressembler aussi peu à un vrai mariage que la nuit au jour.
Les premiers temps pour un tel couple passent uniquement à la satisfaction du désir charnel, jusqu'à ce qu’en peu de temps presque tous les éléments spécifiques destinés à produire l'énergie génératrice viennent à être complètement dissipés; puis survient ordinairement une totale atonie de la chair, et particulièrement des organes génitaux. En des cas semblables le diable charnel qui demeure en ces individus cherche à se rattraper en suggérant à l'âme- un peu comme un médecin de famille- et particulièrement à travers les reins, de se tourner vers la chair étrangère; cela a pour conséquence que bien vite la femme devient nausée pour l'homme, et vice versa l'homme pour la femme. Elle commence progressivement à se chercher de jeunes amis à la maison, et lui habituellement sort le soir en quête d'air frais, à moins qu'étant aisé, il n'entreprenne quelque voyage dans le but d'un plus hygiénique changement d'air.
Ainsi l'affaire va de l'avant, jusqu'à ce que, avec le temps, pour un semblable couple, il y a tant d'ennui à rester ensemble, qu'ils recourent au divorce ou tout bonnement se laissent tomber en renonçant même au cérémonial judiciaire. Cependant il peut arriver aussi, s'il s'agit d'une maison aux habitudes un peu plus distinguées et aristocratiques, qu'entre mari et femme on vienne à un accord dans le sens que chacun, en ce qui concerne l'amusement charnel, se réserve de faire ce que bon lui semble et lui plaît. De tels phénomènes qui actuellement sont on ne peut plus à l'ordre du jour, sont uniquement les fruits de la fréquentation des bals et des lieux de danse, et la conséquence de la possession par ces mauvais esprits patrons des plaisirs charnels.
Cette manière de possession ne se manifeste cependant au commencement jamais avec cette intensité avec laquelle en d'autres cas de semblables esprits impurs se sont insinués dans la chair moyennant les boissons alcooliques; mais les esprits des boissons alcooliques sont facilement expulsés au moyen d'une fervente prière de l'âme, par l'intervention de l'esprit en elle; après quoi peut succéder à nouveau dans la chair l'état normal. Au contraire les possessions provoquées par les divertissements publics de danse ne sont pas aussi faciles à éliminer, et dans ce but il faut beaucoup de jeûne, beaucoup de prière et d'abnégation pour que l'âme s'unisse toujours plus avec son propre esprit, jusqu'à ce que ce dernier, agissant à travers l'âme, chasse la mauvaise racaille de la maison de l'âme.
Mais on demande: où peut-on trouver maintenant un danseur et une danseuse disposés à s'engager sur cette voie ? En général, déjà durant le bal et après, ils dévorent de la nourriture plus qu'avant, estimant ainsi se fortifier, tandis qu'en réalité ils ne font que garantir une pension perpétuelle au diable charnel en le logeant en compagnie de leur propre âme et leur propre sang.
Plus d'un de ces champions de bal des deux sexes, quand ils ont accueilli en eux de semblables hôtes en trop grand nombre, courent à grands pas à la rencontre de leur ruine corporelle; car lorsque ces petits monstres charnels ne trouvent pas place dans les reins et dans les parties génitales, ils établissent leur demeure dans la rate, dans le foie et même dans les poumons. Mais là où de semblables émigrants de l'enfer fixent leur demeure, d'une certaine 55
manière ils tuent la chair; et les conséquences sont ensuite l'endurcissement de la rate et du foie, et dans la rate, la phtisie, la consomption, ou bien même, si deux ou plus se sont jetés sur les poumons, il peut s'ensuivre ce que l'on appelle la phtisie galopante. Je vous le dis donc, et vous pouvez sans autre croire que la plus grande partie des maladies chez les hommes dérivent de semblables locataires infernaux, à qui eux-mêmes préparent le chemin qui conduit à leur chair."
Le Grand Évangile de Jean, IV/80, 2-16
(Le Seigneur :) «...C'est là (dans les plaisirs de la chair) que réside peu ou prou le plus grand mal pour tous les hommes. Car c'est de ce désir que naissent presque toutes les maladies du corps, et surtout tous les maux de l'âme, soyez-en absolument sûrs et certains. L'homme renonce plus difficilement à tous les autres péchés qu'à celui-ci: car ceux-là n'ont que des motivations extérieures, alors que celui-ci porte sa motivation en lui-même et dans la chair pécheresse. Aussi devez-vous détourner les yeux des dangereux attraits de la chair tant que vous ne serez pas devenus les maîtres de votre propre chair !
Protégez les enfants de la première chute et préservez leur pudeur: ainsi à l'âge adulte, ils maîtriseront sans peine leur chair et ne succomberont pas aisément; mais il suffit d'une négligence, et l'esprit malin de la chair en prend aussitôt possession! Car aucun diable n'est plus difficile à chasser de l'homme que ce diable de la chair, qui ne peut en sortir qu'à force de jeûne et de prière !
Pour cette raison, gardez-vous de harceler les petits ou de les stimuler et d'enflammer leur chair par un excès d'ornements et des vêtements provocants! Malheur à celui qui se rendra ainsi coupable de péché contre la nature des enfants! En vérité, il vaudrait beaucoup mieux pour lui ne jamais être né! Je châtierai Moi-même de toute la force de Mon courroux l'impie qui attentera à la nature sacrée de la jeunesse! Car une fois que la chair est devenue fragile, l'âme, n'étant plus fermement soutenue, ne progresse plus que difficilement vers son accomplissement.
Quel travail pour une âme faible que de guérir une chair faillie et de lui rendre son intégrité! Souvent, quelle n'est pas son angoisse lorsqu'elle constate la fragilité et la faiblesse de sa chair, sa demeure terrestre! À qui la faute ? À ceux qui ont mal veillé sur les enfants, et aux tracasseries dont les petits enfants sont l'objet de la part de toutes sortes de gens!
En l'occurrence, la corruption des moeurs est toujours plus grande dans les villes qu'à la campagne; aussi, vous qui êtes Mes disciples, vous devrez un jour attirer l'attention des hommes là-dessus et leur montrer les multiples effets fâcheux d'une chair trop tôt faillie, et beaucoup en tiendront compte, et l'on verra paraître des âmes saines dans lesquelles il sera plus facile d'éveiller l'esprit que ce n'est le cas à présent pour beaucoup d'entre eux!
Voyez tous ces aveugles, ces sourds, ces estropiés, ces lépreux, ces perclus: voyez aussi ces enfants et ces adultes frappés de toutes sortes d'infirmités et de maladies physiques! Tout cela est la conséquence d'une chair trop tôt faillie! Avant sa vingt-quatrième année, l'homme ne doit pas toucher à une jeune fille, vous savez comment il faut l'entendre avant tout, et la jeune fille doit avoir au moins dix-huit ans révolus, ou pour le moins dix-sept: avant ce temps, elle n'est mûre qu'au pis-aller et ne doit connaître aucun homme! Car avant ce temps, il arrive que l'une ou l'autre atteigne une maturité précaire; si un homme luxurieux la touche prématurément, sa chair devient fragile et son âme faible et souffrante. Il est difficile de guérir la chair faillie d'un homme mais combien plus difficile celle d'une jeune fille, 56
lorsqu'elle a été brisée avant le temps! Car premièrement, elle ne mettra pas souvent au monde des enfants vraiment sains, et deuxièmement, cela l'amènera de semaine en semaine à rechercher davantage le commerce charnel, pour devenir finalement une vraie prostituée, c'est-à-dire une pitoyable flétrissure pour le genre humain, non pas tant en elle-même qu'en ceux dont l'incurie l'a menée là !
Cependant, malheur à celui qui profite de la pauvreté d'une jeune fille pour briser sa chair! En vérité, pour celui-là, mieux vaudrait ne jamais être né! Mais celui qui couche avec une prostituée déjà corrompue au lieu de rechercher les justes moyens de l'éloigner de la voie de la corruption et de l'aider à trouver le bon chemin, celui-là devra un jour subir par Moi un jugement très sévère et multiplié, car celui qui frappe un homme sain ne pèche pas aussi gravement que celui qui maltraite un infirme.
Celui qui couche avec une jeune fille tout à fait mature et saine est aussi pécheur, il est vrai, mais comme le mal ainsi commis n'a pas de conséquences particulièrement néfastes, surtout si les deux parties sont parfaitement saines, il n'est soumis qu'à un jugement mineur. Mais celui qui, par pure luxure déjà enracinée, traite une jeune fille, même mûre, comme il ferait d'une prostituée, et cela sans qu'un fruit vivant soit conçu dans le sein de la jeune fille, celui-là encourt un double jugement, et s'il fait cela avec une prostituée, c'est alors un décuple jugement qu'il devra encourir !
Car une prostituée est une jeune fille totalement ruinée et brisée dans sa chair et dans son âme. Celui qui, d'un coeur loyal et qui M'est fidèle, l'aide à sortir de cette grande misère, celui-là sera un jour grand dans Mon royaume. Mais celui qui couche à vil prix avec une prostituée et la rend pire qu'elle ne l'était, celui-là recevra un jour le même salaire que reçoivent les meurtriers dans le bourbier réservé à tous les diables et à leurs serviteurs.
Malheur au pays, à la ville où se pratique la prostitution, et malheur à la terre lorsque ce grand mal se mettra à dominer sur son sol! À de tels pays et à de telles villes, Je donnerai pour maîtres des tyrans, et ceux-ci imposeront aux hommes de lourds tributs qui affameront leur chair et la détourneront des actions scélérates qu'un homme est capable de commettre contre ses pauvres contemporains !
Cependant, une prostituée perd nécessairement tout honneur et tout respect par ceux-là mêmes qui usent d'elle à vil prix, et sa chair sera ensuite la proie de toutes sortes de maladies épidémiques incurables ou pour le moins difficilement guérissables. Mais si l'une d'entre elles s'amende véritablement, elle sera de nouveau en grâce auprès de Moi! »
Le Grand Évangile de Jean, IV/80, 18-19
(Le Seigneur :) «...Zorel, tu n'étais précisément tout à fait pur non plus à cet égard: car déjà, jeune garçon, tu étais affligé de toutes sortes d'impuretés, et un très mauvais exemple pour tes camarades. Cependant, cela ne peut t'être compté comme péché: car tu n'avais reçu aucune éducation qui te permît d'accéder à quelque pure vérité qui t'eût montré ce qui était parfaitement juste selon l'ordre divin. Tu n'as commencé à entrevoir de meilleurs principes qu'en apprenant auprès d'un avocat les droits des citoyens romains. Dès lors, il est vrai que tu ne fus plus tout à fait un homme bestial, mais tu es devenu un expert dans l'art de tourner la loi et tu as trompé ton prochain chaque fois que tu l'as pu. Cependant, tout cela est du passé et, selon ce que tu sais maintenant tu es désormais un homme meilleur à Mes yeux! 57
En dépit de tout cela, Je remarque cependant qu'il demeure en toi une grande concupiscence charnelle. Je te fais spécialement remarquer cela et te conseille d'y prendre garde; car lorsque tu auras embrassé une vie un peu meilleure, ta chair va s'émouvoir à cause de sa faiblesse encore loin d'être guérie, et il te sera peut-être difficile de l'apaiser et finalement de guérir entièrement son ancienne faiblesse. Aussi, garde-toi de tout excès: car c'est dans l'excès et la démesure que se trouve la semence de la luxure! Sois donc mesuré en tout, et ne te laisse jamais entraîner dans la démesure dans le manger comme dans le boire, sans quoi il te sera difficile de dompter ta chair!
Le Grand Évangile de Jean, III/10, 3-13
(Le Seigneur :) «... Je vous le dis: l'homme n'a besoin que de fort peu de chose pour vivre sur cette terre; mais son arrogance, sa paresse, son orgueil, son égoïsme et son désir de puissance ont des besoins immenses, et ne sont pourtant jamais satisfaits! C'est là le principal souci des hommes, et c'est pourquoi ils n'ont bien sûr plus de temps à consacrer à ce qui devrait être leur vraie occupation, celle-là seule pour laquelle Dieu les a mis sur cette terre.
D'Adam à Noé, les enfants des montagnes n'ont jamais fait la guerre, parce qu'ils n'avaient que très peu de besoins et qu'aucun d'eux ne désirait être plus que son frère, et les parents jouissaient auprès de leurs enfants de la plus grande considération, parce qu'ils demeuraient toujours pour eux des guides, des maîtres et des conseillers avisés. Mais dans les plaines, les hommes aveugles par le coeur et par la raison commencèrent à parer somptueusement leurs maîtres, leurs guides et leurs conseillers, à oindre leurs têtes, à les orner de couronnes, et, pour grandir leur crédit, à leur octroyer toutes sortes de moyens de contrainte et de pouvoir, et il ne fut plus question de vivre avec peu de besoins faciles à satisfaire! Le luxe est un ventre affamé et jamais rassasié. Sur leur sol étroit, ces hommes superbes et insatiables ne trouvaient plus une nourriture suffisante, et ils commencèrent à se répandre toujours plus loin, déclarant aussitôt leurs en toute propriété les terres qu'ils occupaient et prenant soin d'y établir aussitôt leur splendeur, ce qui éveillait l'envie et la jalousie, et par-là bientôt la discorde, la querelle et la guerre. La raison du plus fort finissait par triompher, et celui-ci régnait alors sur les faibles et les contraignait à travailler pour lui et à lui être soumis en toute chose. Quant à ceux qui résistaient, ils étaient châtiés et contraints à une obéissance inconditionnelle, au besoin par la mort! Tout cela, voyez-vous, fut sur terre le résultat d'une civilisation superficielle, de l'amour du faste et de l'orgueil qui l'accompagne! Ainsi, lorsque, dans Mon esprit venu des cieux, Je veux vous ramener à l'état heureux des premiers hommes et vous montrer les voies depuis longtemps perdues qui mènent au royaume de Dieu, comment pouvez-vous dire que les conditions que J'impose à ceux qui veulent devenir Mes disciples sont trop dures et qu'il est presque impossible au commun des mortels de s'y soumettre! Je vous le dis, le joug que Je pose sur vos épaules est doux, et le fardeau que Je vous demande de porter est léger comme une plume au regard de ce que vous supportez jour après jour.
Comme vos préoccupations s'étendent loin dans le vaste monde! Vous n'avez de cesse et de repos ni jour ni nuit, et cela uniquement à cause du monde, afin que rien ne vienne diminuer ce que vous imaginez être votre splendeur et votre bien-être, et souvent au prix de la sueur et du sang de vos frères et soeurs plus faibles! Comment, avec un tel souci, l'âme trouverait-elle encore le temps de faire quoi que ce soit pour éveiller en elle l'esprit de Dieu ?! Vos âmes et celles de millions d'autres ne savent même plus qu'elles portent en elles l'esprit de Dieu, et encore moins que, eu égard à la quasi-infinité de leurs soucis terrestres, elles 58
pourraient avoir avantage à faire quelque chose pour rendre cet esprit libre et indépendant. Mais, par amour du faste et de la bonne vie, vous contraignez l'humanité pauvre et faible à une douloureuse et continuelle servitude, à cause de quoi elle ne peut rien faire elle non plus pour la libération de son esprit, et c'est ainsi que, vous et vos sujets, vous êtes morts et, en véritables enfants de Satan, ne voulez pas entendre Ma parole qui vous conduit en toute vérité à la Vie, mais défendez votre propre parole dont ne peut résulter, pour vous-mêmes et tous ceux qui vous sont soumis, que la mort éternelle. »