MDD2 Vers l’indépendance spirituelle. La foi autoritaire un jugement
CH151 : La haute sagesse de l’étranger. La destination de l’être humain vers l’indépendance spirituelle. La foi aveugle et autoritaire : un jugement.
1 : A l’ouïe de la proposition d’Hénoc, l’étranger eut l’air surpris et lui dit :
2 : Cher Hénoc, voilà une sage décision ; car lorsque tu connaîtra mon opinion, tu trouveras d’autant plus facilement ce que tu doit dire, et particulièrement parce que tu comptes t’en tirer avec un oui ou un non.
3 : Toutefois, on peut se demander si cette réponse sera d’une utilité quelconque !
4 : Car il n’existe pas de débat où l’être humain se laisse plus facilement convaincre que lorsqu’il ne comprend pas de quoi il en retourne.
5 : Il acceptera l’avis de l’autre par ignorance, ou le croira grâce à son autorité, trouvera toutes sortes de raisons pour se laisser persuader et ne pourra jamais parvenir à se forger une propre opinion.
6 : Un tel comportement ne signifie rien d’autre que de fermer hermétiquement son esprit à toute indépendance et de devenir un esprit mécanique, ou encore d’échanger sa propre vie contre une vie factice qui ne nous appartient plus.
7 : Si je t’ai dit tout cela, c’est que je parle par expérience, afin que tu ne te laisses pas persuader par moi et que tu n’acceptes que ce qui te semble absolument évident ; et tu devrais pas t’approprier une seule syllabe qu’on te demanderait de croire sans l’avoir préalablement comprise clairement.
8 : Il n’y a pas de situation plus fâcheuse pour un homme libre que celle où il se trouve poussé par une foi aveugle car une telle foi donne naissance à la mort de l’esprit.
9 : Celui qui est un croyant aveugle est en même temps un esprit jugé par n’importe quel frère avide de gloire.
10 : Mais si le jugement du Dieu vivant est mortel, combien plus doit l’être celui d’un être humain mort en esprit ou de celui dont la vie n'est qu'apparente !
11 : Vois : c’est la raison pour laquelle une opinion personnelle aussi misérable soit-elle, est de beaucoup préférable à celle qui a été appropriée uniquement à travers la foi, sans autre garantie d’authenticité pour un esprit qui devrait être libre que l’autorité du prédicateur et la tiédeur des exigences résultant de sa propre folie.
12 : Dieu a de telles choses en horreur ; car il a créé l’être humain pour la liberté, et non pas pour qu’il soit une bête de somme indolente de quelque prédicateur avide de gloire devenu le juge égoïste du cœur. des humains qui devraient être indépendants
14 : Car si quelqu’un te dit : Fais ceci ou cela ! et que tu lui obéis, sans te soucier le moins du monde du but proposé tu es déjà devenu une machine soumise à la volonté des autres, vu que tu t’es laissé juger ; mais si auparavant tu examines ce que ton frère demande de toi et trouves de tes propres forces le motif caché de ses intentions en constatant qu’il est digne de confiance parce que l’amour l’habite, tu peux alors accéder à son désir ; ainsi, tu auras agi en tant qu’être libre et véritable enfant de Dieu, et non comme une créature jugée.
15 : Car selon mon jugement, l’immense différence entre les authentiques enfants de Dieu et les créatures consiste dans le fait que ses enfants peuvent agir aussi librement que lui, leur Père, et doivent devenir parfaits comme lui-même est parfait, car ils ont été créés entièrement à son image !
16 : Les animaux sont-ils également libres ? oh non, ils doivent toujours exécuter la volonté du créateur ;car leur nature même est déjà porteuse de cette volonté. Mais il n’en va pas de même avec les humains lesquels sont destinés à devenir d’authentiques enfants de Dieu !
17 : Tout d’abord, la volonté de Dieu leur est révélée, afin qu’ils puissent l’apprécier dans la liberté de leur esprit en sa qualité d’unique et de véritable ensuite la reconnaître, puis se l’approprier et agir en conséquence.
18 : Celui qui accepte cette révélation et agit en s’y conformant, croyant qu’il doit le faire, est déjà jugé ; car il n’agit pas selon la concordance de sa volonté avec celle de Dieu, mais comme une machine ; et ce faisant, il reste mort, car il ne se soucie pas de connaître la volonté divine et l’ordre qui en découle ; au contraire, s’il a entendu quelque propos se référant à la volonté de Dieu, le plus souvent de la bouche d’un vantard,
19 : Vois : une telle chose est en soi une pure idolâtrie ! Car l’être humain se juge lui-même, ou se laisse juger, et également tuer ( en esprit ) !
20 : Et vois, c’est là la différence entre la vie libre et la vie sous contrainte ! Toutefois, une telle vie ne signifie pas la mort du péché ; car le péché consiste
21 : Vois : une telle chose signifie la véritable mort ! Pourquoi ? Parce que le péché est un réel dérangement de l’ordre sacré, lequel n’est pas perturbé par le jugement, jugement qui bloque seulement la liberté de l’esprit !
22 : Vois, cher Hénoc, c’est là mon opinion ; mais maintenant fais-moi également part de la tienne, afin que nous puissions parvenir à un avis concordant, ce qui nous permettra d’agir de juste façon ! Toutefois, seulement si c’est ta volonté ! Amen
dans le fait de reconnaître les chemins de l’ordre divin, pour autant qu’ils sont révélés, puis agir délibérément à l’encontre de ces justes préceptes.il s’y soumettra sans en chercher la raison.( 05 / 09 / 1842 )